Le commerce de l’eau

Le commerce de l’eau, une tragédie…

À titre d’inconditionnel de la Terre, encore une fois je fus estomaqué. Pis encore, en y repensant, je sombre dans l’incompréhension.

Hier encore, à l’épicerie du coin, au IGA de Saint-Lambert, j’ai vu un homme acheté de l’eau… Accompagné de son jeune fils (bel exemple pour la future génération), il a utilisé une de ces machines distributrices que l’on retrouve un peu partout et de plus en plus fréquemment, malheureusement, pour remplir son contenant de 18 litres. Sur cette machine, fournie par une compagnie locale, on y avait d’ailleurs inscrit quelque chose comme « Protégeons l’environnement, réutilisons les contenants ! »

Comment peut-on encore encourager le commerce de l’eau ? Comment mes concitoyens, mes semblables, peuvent-ils être aussi peu présents d’esprit ? Pourtant, le thème de la protection de l’eau (de l’environnement) est partout. Il placarde nos vies depuis maintenant des années, et non seulement on continue d’en acheter, à la bouteille ou au 18 litres, mais on augmente le rythme. Lorsque je vois des événements publics à grande envergure et que je constate que chaque individu tient à la main sa « p’tite bouteille d’eau », j’en ai mal au coeur…

Alors comment ramener les citoyens au bon sens ? Comment contrecarrer les exploiteurs de la Terre ? Se débarrasser de ces pilleurs d’eau ?

Faut-il compter sur nos dirigeants pour enrayer le mouvement ? Certes non. Lisez ce qu’en disent le Provincial et le Fédéral sur leur site Internet, ils en parlent comme un commerce très florissant, partout au Canada, surtout au Québec.

Un engouement pour l’eau en bouteille ? Je ne comprends plus rien. Surtout quand on sait que l’eau ainsi vendue n’est pas vraiment différente, supérieure, ou meilleure pour la santé, que celle qui coule de notre robinet de cuisine. S.V.P., ne recommençons pas l’exercice ; il y a bien des observateurs journalistes qui ont creusé la question, des experts, des analystes qui l’ont prouvé, maintes et maintes fois.

Ne sera-t-on jamais capable de réfléchir ? De modifier nos habitudes sur-le-champ ? Surtout lorsqu’elles permettent à des entrepreneurs, des soi-disant respectueux de l’environnement, de combler leur seul et unique désir…, faire de l’argent en vendant l’eau !

« Seize sous le litre » indiquait la machine que ce jeune citoyen utilisa. Pas cher, diront d’autres inconscients. Mais que ferez-vous lorsqu’on vous la vendra à la maison, au litre d’eau qui sortira de votre champlure ?

Faire de l’argent avec le patrimoine de l’humanité ! À mes yeux, c’est un scandale.

D’autre part, que peut-on faire devant une telle arrogance de la part de ces industriels, devant l’insouciance et l’inertie gouvernementale ? Il ne nous reste plus qu’un seul outil, qu’une seule arme : la prise de conscience de chacun. La responsabilité individuelle.

Qu’on se le dise, arrêter une mauvaise habitude, ça demeurera toujours entre les deux oreilles. Un geste réfléchi, et volontaire. Une décision permanente, pour en arriver à une fin positive et constructive.

Je m’arrête, je ne veux pas exploser d’incompréhension.
Le commerce de l’eau…, aura-t-on un jour la force de caractère pour leur dire non ?
Le commerce de l’eau…, aura-t-on un jour la présence d’esprit d’acheter une bouteille lavable et réutilisable ?

Le temps nous le dira. Nous le dira bientôt…

C’était l’opinion d’un nobody – Constant Vanier

Publié le 18 août 2010.

Retour à la liste des articles…