L’humanité sous libération conditionnelle

Jusqu’à il y a six cents ans du temps de Copernic l’homme croyait que la Terre était le centre du monde et immobile (géocentrisme le concept de l’Univers n’existait pas à cette époque). Encore au début du vingtième siècle, avant la découverte de l’astronome Edwin Hubble, l’on croyait que la seule galaxie existante était la nôtre, la Voie lactée. De nos jours, la « science » de l’homme confirme que l’Univers est rempli de galaxies en mouvement, que son âge est d’environ quatorze milliards d’années-lumière, et qu’elle en est à étudier le fond cosmique, une réponse possible à son origine, également au nôtre. Une connaissance qui, à mon oeil, risque fort d’être balayée comme de la poussière au vent par les prochaines découvertes, montrant encore une fois la naïveté de l’homme, sa prétention. Comme s’il avait la capacité de connaître la magnitude et la complexité de la nature, du cosmos qui l’entoure.

Se pourrait-il que cette science ne sache pas du tout de quoi elle parle ? Chose certaine, l’ampleur de nos connaissances ne sera jamais autre que proportionnelle à la puissance de nos instruments. Pour le reste, l’énigme risque fort de perdurer. Surtout en considérant la taille (même présumée) de l’Univers. Pourtant, nous agissons comme si nous savions tout, comme si nous contrôlions tout. Comme si la nature n’avait qu’à s’adapter aux hommes. Oh oui ! Elle le fera, mais pas nécessairement avec la survie de la race humaine. Tout ça pour quoi ? Pour comprendre nos origines ? Mais à quoi pourrait bien servir de savoir d’où l’on vient si nous ne respectons pas le moment présent ? Le moment de vie qui nous est impartie entre la naissance et la mort. Comme ils sont curieux et extrémistes ces hommes ! Pendant que la science écarte le mot « Dieu » de son vocabulaire et que la religion en fait sa prémisse, les deux nous font perdre de vue l’essentiel.

Les hommes auront fait un grand bout de chemin lorsqu’ils ne penseront ni n’agiront par l’entremise d’un dieu inventé ou d’une science prétentieuse et éblouissante. Lorsqu’ils interagiront que par eux-mêmes, et pour eux-mêmes, dans un respect sine qua non de tout ce qui les entoure, en ne se projetant plus dans un délire mystique ou dans des arrogances scientifiques. Le véritable respect de la Vie, de l’Infini, ne correspond en rien à l’ostentation ou à la soumission, non plus au manque de projection de la science, mais à une acceptation intérieure et silencieuse. Une acceptation qui inclut le mystère de la Vie tout entier. À la limite, qui n’incite pas à y aspirer, parce que d’abord occupés à rendre ce monde meilleur.

L’humanité sous libération conditionnelle, ce sont des hommes qui pensent en termes religieux ou scientifiques, pendant que d’autres encore, ayant oublié qu’au milieu existe autre chose que le déni existentiel, souffrent d’un athéisme aveugle, pour ne pas dire ridicule, parce procédant de notre propre invention : ne pas croire en un dieu inventé est une chose, ne pas croire en la Vie en est une autre.

Si je devais simplifier le message de toutes les religions, résumer la vision de toutes les écoles de pensées, je me rappellerais une seule règle ; la règle fondamentale pour la survie de l’humanité (RFPSH). Elle consiste en trois principes clairs : le respect de soi, le respect d’autrui et le respect de la planète. Une règle simple, irréductible, et applicable à tous les hommes et les femmes de cette Terre. Lorsque tous les êtres humains auront assimilé et compris cette règle, et qu’ils la mettront en pratique, l’humanité ne sera plus sous libération conditionnelle.

C’était l’opinion d’un nobody – Constant Vanier

Publié le 11 novembre 2011.

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