Un système de santé universel défaillant

Un système de santé universel, de moins en moins vrai…

Lorsque le ministre de la Santé de l’époque, monsieur Claude Castonguay, eut l’idée de créer un système universel en 1969, il n’aurait certes pas cru que l’abus des Québécois en arriverait à déstabiliser pour ne pas dire briser l’universalité du système en moins de 40 ans. L’exagération faite de toute part, professionnels et contribuables, qui mine le budget de la santé depuis déjà quelques décennies, fait en sorte que de nos jours l’épithète « universel » ne s’applique plus réellement. La définition d’universalité étant au départ basée sur une majorité de cotisants et une minorité d’utilisateurs, l’objectif d’une telle démarche était de maintenir l’équilibre entre ceux qui payent pour la carte-soleil et ceux qui l’utilisent. Mais avec l’industrie pharmaceutique qui frétille dans le fleuve des profits et le problème de l’embonpoint qui accable maintenant notre société, cet équilibre se voit chaque jour un peu plus menacé, affecté.

En 1979, dix ans après la création de la RAMQ, l’ordinateur AMDAHL 470 traitait déjà 900 000 réclamations par semaine de la part des praticiens. Surnommée le « meilleur ami de la régie », cette machine, dont la capacité initiale était de 30 milliards d’opérations à la seconde, traite dorénavant des millions de réclamations par semaines. Pas surprenant que les dépenses de la Santé explosent au-dessus de la barre des 45 % du budget provincial.

Aujourd’hui, plus de 35 % des Québécois souffrent d’embonpoint et d’obésité. Des individus qui, en raison de leurs mauvaises habitudes alimentaires et leur entêtement à ne pas les changer, sont devenus partie intégrante de cette déconfiture administrative. D’ailleurs, le mot « souffrir » s’applique ici assez mal, puisque la plupart sont personnellement responsables de leur propre obésité. Qui d’autre ? Accuser l’industrie de l’alimentation (une dynamique différente à corriger) n’est qu’une transposition de responsabilité. Ce n’est pas parce que l’on vend un mauvais produit qu’on doit le bouffer.

Certes, on ne saurait non plus attribuer le dilemme au seul problème de l’embonpoint, sauf que cette minorité d’utilisateurs (de moins en moins une minorité) commence drôlement à taper sur les nerfs des payeurs responsables.

Comme si ça ne suffisait pas, l’aberration étant la qualité première de notre bon gouvernement nos dirigeants travaillent, encore et toujours, sur les conditions et non les causes de ce fiasco ministériel, en accommodant une fois de plus ceux qui abusent. Cette nouvelle contribution (taxe), 25 $ en 2010, 50 $ en 2011 et 200 $ en 2012, qu’ils imposent à l’ensemble de la population, et non aux véritables responsables. Un système de santé qui, un jour ou l’autre, ne pourra faire autre chose que faillite.

La solution ? Pourquoi ne pas utiliser de vrais outils de sensibilisation…, qui cibleraient ceux (et celles) que je qualifie d’irresponsables envers eux-mêmes ? Pourquoi, moi qui prends soin de ma santé, devrais-je payer pour eux, pour elles ?

Enfin, arrêter de travailler sur des conditions serait d’abord d’éduquer ceux qu’on appelle les « professionnels de la santé » à moins promouvoir la pharmaceutique, et à favoriser davantage la santé par une bonne alimentation.

C’était l’opinion d’un nobody – Constant Vanier

Publié le 15 octobre 2010.

Retour à la liste des articles…