L’Opinion d’un nobody – Avant-propos

L’usage de l’expression ” être un nobody ” qu’on entend à l’occasion chez les jeunes m’a toujours intrigué. Bien que la définition du terme nobody dans un dictionnaire anglais fasse référence au mot personne dans le sens d’absence de personne, il existe bel et bien une connotation péjorative. C’est du moins ainsi qu’elle sonne dans leurs conversations. D’ailleurs, le dictionnaire mentionne en second lieu a nobody comme étant quelqu’un de ” rien du tout ” ou sans importance. Je voudrais dans le cas présent lui coller l’étiquette d’une personne qui soit ” inconnue, de moindre influence, mais pas du tout sans importance “. Car dans le tumulte de la société aseptisée et réglementée dans laquelle nous vivons, trop souvent avons-nous le sentiment d’être des moins que rien dont l’opinion n’intéresse personne. Sûrement pas nos gouvernements en tout cas, malgré la prétention. Les ficelles semblent tirées par une force invisible de laquelle la plupart d’entre nous ne font pas partie. Pire, j’ai souvent l’impression que les décideurs sont tous du même bord et que le peuple ne fait que subir des décisions qui, avouons-le, resserrent l’étau un peu plus chaque jour. De nos jours les entreprises se cachent derrière un masque de sympathie. Bien qu’elles soient sans cesse bichonnées par des dirigeants de main trop occupés à surveiller leurs propres intérêts, leur ego corporatif n’a d’égal que mépris et cupidité. Aux yeux de tout ce beau monde, je crains fort que nous soyons que de la moulée à pâturage.

Si je n’ai pas la prétention de représenter la voix populaire, d’une part je crois que nous aurions avantages, ici et ailleurs, à ce que les gouvernants tendent un peu plus l’oreille pour écouter, respecter et appliquer l’opinion des nobody, le pertinent se justifiant par lui-même. Le vieil adage latin ne confirme-t-il pas Vox populi, vox Dei ? La voix du peuple est la voix de Dieu. D’autre part et bien malgré moi, à travers une foule de détails, je détecte un leurre. Parfois même de la conspiration.

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Bien dommage, ce constat d’abus du nobody, très palpable au Québec, se retrouve dans le monde entier. Sous des formes beaucoup plus dégénérées, certes, mais qui pourraient un jour nous atteindre. Si l’on considère l’injustice, la pauvreté, la misère, la violence ou les guerres qui font rage sur les cinq continents, certains plus que d’autres, nous pouvons dire sans exagérer que les hommes trempent dans la m…, dans la mélasse, et ce, jusqu’au cou. Toute cette parade humaine, cette discorde généralisée qui règne, est pourtant menée par des êtres intelligents ; des politiciens et conseillers par-ci, des experts et spécialistes par-là. Néanmoins, rien ne va plus. À un point tel qu’en effet dans ma tête flotte cette idée de machination planétaire. Et bien que ce scénario fasse sautiller les épaules de certains et puisse en effrayer d’autres, c’est en observant avec plus d’attention que je remarquai qu’il s’agissait d’autre chose. Beaucoup plus inquiétante, celle-là. Parce qu’à mes yeux il se trouve que les conspirateurs sont conspirés. L’homme souffre d’une affection profonde. D’un mal, difficile à cerner, à diagnostiquer. C’est ce mal qui m’intrigue, et qui m’intéresse. Comme un défaut de fabrication duquel nous les humains, malgré les millénaires de réflexion, malgré la fulgurance du dernier siècle, malgré la poussée technologique des vingt-cinq dernières années, n’avons pas su nous défaire. Une question me vient, l’intelligence humaine est-elle une garantie de pérennité ? En écrivant ces mots, je me rends compte, encore une fois, à quel point ce monde moderne est puéril, suffisant et présomptueux. Qu’ils sont nombreux les vestiges mentaux que nous traînons ! Peu surprenant que l’humanité soit en crise.

C’est dans une optique globale que de cette turbulence humaine j’ai tenté de le discerner. En osant mettre sur papier les constatations, les idées, les convictions et les aspirations d’un nobody. En l’occurrence, moi. Des aspirations qui de temps à autre vous paraîtront idéales, voire utopiques. Même si aspirer à un monde meilleur n’a rien d’une utopie.

Cet ouvrage n’est ni scientifique ni statistique. Quoique j’aie dû recourir à de l’information pratique et instructive [je le souhaite], il s’avère plutôt un cumul d’observations empiriques personnelles. À travers mon œil de nobody, à l’aide de thèmes concernant le monde dans sa globalité, puis en examinant les coutures défaites de notre propre société, celle du Québec, j’élaborai une critique sur la façon d’agir des hommes. Différentes réflexions référant à la science, la religion, la guerre, la pollution jusqu’aux accommodements raisonnables, en passant par notre système d’éducation ainsi que la responsabilité individuelle. Pour terminer, un coq-à-l’âne ad libitum.

Bref, l’heure n’étant ni à la flatterie ni à la tape dans le dos, j’admettrai d’emblée que cette démarche fut pour moi un défoulement. Presque qu’un exorcisme. Force d’être chaque jour témoin d’événements exaspérants et de situations biscornues ou contradictoires, je n’en pouvais plus. Trop souvent in petto, ai-je contesté. Je devais écrire. Je crois qu’il est urgent que nous jetions ce regard rétrospectif sans retenue sur notre monde, notre société et nous-mêmes. Je dirais plus, sur notre mécanisme mental en particulier. Cette façon de penser qu’est la nôtre, celle de l’être humain. Il y a fort longtemps qu’une prise de conscience générale aurait dû avoir lieu. À présent, il est temps d’agir.

Enfin, si par mes propos j’arrive à chatouiller votre intellect, stimuler votre imagination ou susciter votre intérêt au point de provoquer si ce n’est qu’un seul petit geste de votre part envers cette planète, cette humanité ou vous-même, j’estimerai avoir atteint mon but.

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