Réchauffement climatique ?

Il y a des décennies que les scientifiques parlent de réchauffement climatique. En fait, cette notion existe au moins depuis un siècle déjà, mais ce n’est que depuis 1988 alors que l’ONU crée le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) pour synthétiser les études scientifiques sur le climat que les populations du monde en prennent conscience. Il s’agissait là d’un rapport impliquant plus de 2 500 scientifiques de 130 pays dans lequel ils confirmaient que le réchauffement climatique depuis 1950 est dû à l’activité humaine. Les conclusions du GIEC ont été approuvées par plus de quarante sociétés scientifiques et académies des sciences, y compris l’ensemble des académies nationales des sciences des grands pays industrialisés.

À cette époque, je m’étais alors dit : « Avec de telles preuves les gens vont réagir, c’est certain. » La réaction à laquelle je référais était certes la consommation effrénée dans laquelle les humains s’étaient engagés. Une consommation qui ne fait qu’encourager les industriels dans leur inconscience.

Plus tard, en 2006, après avoir vu le documentaire Une vérité qui dérange commenté par Al Gore, je me suis dit : cette fois ça y est, les gens vont réagir.

Puis, plus récemment, en 2016, après avoir pris connaissance du plus récent film documentaire de Leonardo DiCaprio intitulé Avant le déluge (voir aussi The 11th hour de 2007), il est évident aujourd’hui que la grande majorité des humains se contrefoutent carrément de cette réalité pourtant flagrante.

À mon humble opinion d’observateur, nul besoin d’un laboratoire spécialisé ou d’études scientifiques complexes pour constater qu’Il se passe quelque chose qui pourrait bien nous rattraper. Ce sont là des changements qui se perçoivent aisément sur une vie d’homme, si moindrement ce dernier s’en donne la peine. Preuves photographiques à l’appui, des calottes glaciaires qui fondent à vue d’œil, des montagnes aux neiges éternelles qui bientôt ou déjà n’ont plus de blanc manteau, plus près de chacun de nous, des hivers et des étés qui se chevauchent pratiquement sans printemps ni automne, des canicules qui n’en finissent plus, des froids et des pluies records… Dois-je continuer ?

Enfin, je dois admettre que parfois j’ai honte d’être humain, car nous ne méritons pas cette planète. Toute cette décadence en exploitation de toutes sortes et en hyperconsommation me donnent la nausée. Récemment l’idée d’une blague. Car le dicton ne dit-il pas : mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Réchauffement ou dérèglement climatique ?

Il y a peu, un important représentant de la communauté scientifique mondiale précisait dans sa conférence : « Même si nous le savons depuis longtemps, nous, les scientifiques aimerions corriger le terme que nous utilisons pour décrire le problème des émissions de CO2 partout dans le monde. En fait, à l’échelle planétaire il s’agit bien d’un réchauffement climatique, causé par l’activité humaine, l’hyperconsommation, si vous préférez, et qui fait fondre les glaciers, monter le niveau des océans et multiplient et renforcent les tempêtes à travers le globe. Sauf qu’à l’échelle humaine, il s’agit plutôt d’un dérèglement climatique. C’est-à-dire que dans le quotidien des humains, si je puis dire, cela est représenté par des périodes et des écarts de température jamais enregistrés auparavant, et qui, c’est le plus important à comprendre, provoquent simultanément des zones de chaleur ou de froid intense. Concrètement, pendant qu’une région chaude du globe subit un froid historiquement inhabituel, une région nordique souffre d’une vague de chaleur sans précédent.

Alors voilà. Nous, les scientifiques, sommes désolés de la méprise et espérons que cette précision fera en sorte que les populations du monde, surtout celles des pays industrialisés prendront désormais conscience du réel danger qui guette l’humanité, et qu’elles agiront en conséquence.

Le lendemain matin la une de tous les journaux rapporte l’opinion des populations à travers le monde : Merde alors, il fallait le dire, s’il s’agit d’un dérèglement climatique et non d’un réchauffement. Pas de soucis, nous allons sur-le-champ cesser notre consommation de malade.

C’est ainsi que la planète reprit son cours normal et que le ciel bleu revint chez les humains.

À tous les sceptiques (trumpettes, crétins bozos et absents d’esprit) de ce monde qui attendent que des catastrophes irréversibles leur tombent dessus pour réagir, qu’auriez-vous à perdre à cesser votre délire de consommateur, à revenir à l’équilibre, au gros bon sens ?

Enfin, je suis heureux de faire partie de ceux et celles qui sur cette extraordinaire planète ressentent la nature, sa beauté, sa fragilité, dans son for intérieur, dans ses tripes. Nul besoin pour nous, gens de conscience, de mettre le doigt dans la plaie. Nous réfléchissons, nous observons, nous ressentons. Et cela suffit amplement à nous faire réagir.

C’était l’opinion d’un nobody – Constant Vanier – Avril 2018

Retour à la liste des articles…